Poésie...

SALIGNAC, un village sur sa roche

Entre les ronces et les buissons, à quatre pas de la Durance,

Entre Volonne et Sisteron, sur une colline en Provence…

 Un village encore s’accroche, malgré les ruines sur sa roche

 Salignac veut dire « eau salée », elle est pourtant loin de la mer,

Mais les sources ici ont donné une eau ayant un goût amer…

 Un village encore s’accroche, malgré les ruines sur sa roche

 On a restauré la chapelle, mais les maisons sont parsemées,

Au grès des vallons, des parcelles, elles ont perdu l’unité…

 Un village encore s’accroche, malgré les ruines sur sa roche

 Imaginons Salignac, encore debout, vivant tranquille,

En serrant à la main un sac, il fait très chaud, les soleil brille…

 Un village encore s’accroche, malgré les ruines sur sa roche

 Un enfant tire l’eau du puit, un chien aboie derrière un mur,

Vraiment rien a changé depuis, plus qu’un ciel bleu, une vie dure…

 Un village encore s’accroche, malgré les ruines sur sa roche

 Pour se construire des maisons, il fallut à dos de mulets,

Monter les pierres des vallons tout au long de petits sentiers…

 Un village encore s’accroche, malgré les ruines sur sa roche

 Peut-être un jour, elles renaîtront, ses maisons pétrient de passé,

Alors pour finir ma chanson, le refrain deviendra plus gai…

 Si du village tu t’approches, tu entends vivre la roche…

Paroles d’Alain AMOURIQ (chanteur Salignacain)

SISTERON

Sur les rives de la Durance,
Adossée à son rocher noir,
C’est la porte de la Provence
Scintillant dans l’or roux du soir.

Sur le rocher la citadelle
Domine altière la vallée
Où la Durance aux eaux rebelles
Bouillonne drue et friselée

Dans un paysage écrasant.
Mais la ville s’y est fondue,
Et la lumière en ruisselant
S’immisce peu au fond des rues

Car les calades sont étroites
Pour résister au grand soleil.
Elles serpentent très adroites
En s’accommodant à merveille

De la pente et des raidillons.
L’astre-roi voudrait s’y glisser
Pour inonder de ses rayons
Les rues au creux du défilé

Mais Sisteron résiste à tout,
Comme elle a toujours résisté
Aux envahisseurs et aux coups
D’une Histoire aux multiples plaies.

                Vette de Fonclare                                                               

http://poemes-provence.fr                                              

 

Enfant  de Sisteron

Un long pan de muraille qui flotte dans la brume,

Un lac où le vent joue à faire danser l’écume,

Le rocher qui se dresse insolent sous le givre,

Et la rue du glissoir où le vent vous enivre.

 Sisteron, en hiver, sous la neige et le gel,

Tu as l’air de souffrir mais tu restes si belle,

Tu laisses par ta porte ouverte au Dauphiné,

Entrer de gros flocons par de froides journées.

 La neige te laisse tout ton charme,

Et pourtant à mes yeux que de perles et de larmes.

 De l’abrupt rocher qu’a ronger la Durance,

De la porte qu’on pousse en entrant en Provence,

J’ai gardé dans mon cœur avec un coin de ciel,

Un souvenir brûlant comme emplit de soleil.

 Au pays où commence à pousser l’olivier,

Au nord de la Provence où Paul Arène est né,

Le flot de la Durance qui semblait indomptable,

Ce calme et dépose à nos pieds tout son sable.

 Mes yeux à regarder le ciel ,

En sont devenus bleus, étonnante merveille.

 Sisteron, mon enfance a baigné dans ton cœur

Tu as toujours gardé l’empreinte du passé,

Tes ruelles étroites ont conservé leurs âmes,

Quelquefois le soleil y pénètre étonné.

 Que j’ai gardé en moi de ses langueurs sauvages,

Que j’ai gardé, sinon de la dureté des terres,

Je veux boire la Provence comme un âpre breuvage

Et m’endormir en haut d’un plateau solitaire.

 Mes yeux, tristes reflet du ciel,

Me resteront-ils bleus jusqu’au dernier sommeil.

 

Paroles d’Alain AMOURIQ (Salignacain)

L'écrivain

Voyageur immobile errant au coeur de l’Homme
C’était la grande voix de Manosque endormie.
Il y chantait son hymne amer au Haut Pays
Où vibre la passion, où la lumière embaume.

Grande voix balzacienne et gueule imprécatoire,
Du haut du Paraïs il haranguait son temps.
Sa nature était rude et sa Provence noire,
Il écrivait debout, flagellé par le vent,

Un vent âcre et glacé dévalant la montagne,
Portant dans ses lacis la violence de l’eau.
Il était là debout, contemplant la campagne.
La Durance était sombre. Il s’appelait Giono.

                                                 Vette de Fonclare                        

 http://poemes-provence.fr

 

Le barrage

Enchâssé au pied des monts bleus,
C’est une fracture émeraude
Qui apprivoise peu à peu
Les eaux sauvages en maraude.

Il a collecté tout au fond
De sa vallée torrentueuse
Rus et rivières en amont
Dans leur course tempêtueuse.

C’est maintenant un lac très calme
Et qui cache insondablement
Comme un énorme catafalque
Un très vieux village d’antan

Au creux de ses eaux en dormance.
Il chatoie, réfléchit le ciel
Immaculé de la Provence.
Tout là-haut passe une hirondelle …

                                                                                   Vette de Fonclare

                                                                         http://poemes-provence.fr

 

 

      " MA PROVENCE "

 

Il est une région empreinte de douceur,

Qui règne dans mon coeur, irradiant ma raison.

Ses senteurs provençales fouettées par le mistral,

Me mettent en émoi, complices de ma joie.

Et l'onde enchanteresse aux couleurs vermeilles,

Enivrée de soleil respire l'allégresse.

La douceur des garrigues et le chant des grillons,

Me charment et me prodiguent des élans de passion.

Le rythme des saisons distille ses splendeurs...

Les gorges du Verdon, sublimes profondeurs,

Et le pont d'Artuby où glissent les eaux calmes;

Tiédeurs de la nuit où se repose l'âme.

Oh ! Reine provençale,

Dans tes forêts varoises qu'on détruit et déboise,

On entend les cigales donner des récitals.

Les essences des pins embaument l'atmosphère,

Et quand naît le matin, promeneur solitaire,

Souffle le vent divin qui s'exhale fier.

Le sud est un écrin aux joyaux rutilants,

Et quand chante l'accent, Dieu ! Que l'on se sent bien...

Il y a désormais à mon coeur liés,

Des noms de rues, de villes.

Deux y sont incrustés :

" Le quartier Saint-Auxile et la place de la paix " .

A mon oreille résonne,

Le prénom d'une personne que le mistral fredonne...

Musique merveilleuse qui me rend très heureuse " .

 

Murielle FAURE ( 1991 )

                                                    Ami ou étranger, qui que tu sois,

D'où que tu viennes, si tu passes par nos petits villages,
arrête-toi et regarde ...
 
Regarde les cyprès centenaires
remuer leur belle chevelure crépue.
 
Fais quelques pas dans le clair matin,
foule ce thym qui te remerciera de son odorante senteur.
 
Regarde à l'infini notre beau ciel bleu.
Regarde, c'est gratuit ;
c'est le cadeau journalier de ma belle Provence.
 
Ecoute parler nos gens ;
écoute, ne te moque pas.
Et plus tard, bien plus tard, si par nostalgie tu te rappelles,
alors viens chez nous, tu seras toujours des nôtres.
 
Marcel Dalmas

Les marchés de Provence

 Il y a tout au long des marchés de Provence
Qui sentent, le matin, la mer et le Midi
Des parfums de fenouil, melons et céleris
Avec dans leur milieu, quelques gosses qui dansent
Voyageur de la nuit, moi qui en ribambelle
Ai franchi des pays que je ne voyais pas
J'ai hâte au point du jour de trouver sur mes pas
Ce monde émerveillé qui rit et qui s'interpelle
Le matin au marché

Voici pour cent francs du thym de la garrigue
Un peu de safran et un kilo de figues
Voulez-vous, pas vrai, un beau plateau de pêches
Ou bien d'abricots ?
Voici l'estragon et la belle échalote
Le joli poisson de la Marie-Charlotte
Voulez-vous, pas vrai, un bouquet de lavande
Ou bien quelques œillets ?
Et par dessus tout ça on vous donne en étrenne
L'accent qui se promène et qui n'en finit pas

Mais il y a, tout au long des marchés de Provence
Tant de filles jolies, tant de filles jolies
Qu'au milieu des fenouils, melons et céleris
J'ai bien de temps en temps quelques idées qui dansent
Voyageur de la nuit, moi qui en ribambelle
Ai croisé des regards que je ne voyais pas
J'ai hâte au point du jour de trouver sur mes pas
Ces filles du soleil qui rient et qui m'appellent
Le matin au marché

Voici pour cent francs du thym de la garrigue
Un peu de safran et un kilo de figues
Voulez-vous, pas vrai, un beau plateau de pêches
Ou bien d'abricots ?
Voici l'estragon et la belle échalote
Le joli poisson de la Marie-Charlotte
Voulez-vous, pas vrai, un bouquet de lavande
Ou bien quelques œillets ?
Et par dessus tout ça on vous donne en étrenne
L'accent qui se promène et qui n'en finit pas

EN JUILLET EN PROVENCE

Et le ciel ressemble un peu à l'océan
Quand les grillons gracieux chantent avec le vent
Si la grâce dispose d'une infinie patience
Il faudra raconter la journée en Provence
Si le soleil brûlant enveloppe en douceur
Les êtres nonchalants au sourire charmeur
Si les épines des pins craquellent sous les pieds
Parce qu'elles ont aimé lentement se dorer
s'il faut venir ici,si le monde y descend
Si le soleil y vient sans cesse,et qu'il est éclatant
C'est que la vie est douce en juillet en Provence
Si la grâce est venue aux êtres à l'improviste
En leur faisant sentir que le monde leur résiste
Ils essaieront quand même d'arriver pour le prendre
Approcher du mystère mélancolie et tendre
Des lumières,des odeurs,des goûts et des couleurs
Qui viennent chaque année en juillet en Provence
Si le soleil y vient,si le monde y descend
Il faudra retourner quand poindra le moment
Dés septembre penser aux prochaines vacances
Qu'on prendra c'est certain en juillet en Provence.


Extrait de "Funambule" (éditions Lettres du Monde),

republié dans "A une océan" (Aumage éditions 2002) de Mattias Vincenot.

  La crèche provençale from Provence TV on Vimeo

                                      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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